Né
vers 1280 à Saverdun, cistercien et maître en théologie,
Jacques Fournier est en 1311 abbé de Fontfroide
avant d'être élu, en 1317, évêque de Pamiers. Dès
1319, le pape lui confie le soin de juger Bernard
Délicieux; l'ancien agitateur franciscain de Carcassonne.
Peu après, Jacques Fournier endosse la charge de
l'Inquisition en son diocèse, par délégation de
l'inquisiteur de Carcassonne. Mais le nom de Jacques
Fournier reste attaché à l'élimination de ce qui
reste de catharisme en comté de Foix. C'est lui
qui fait arrêter Guilhem Bélibaste, le dernier bon
homme occitan connu, qu'il remet à l'inquisiteur
de Carcasonne. Nommé cardinal en 1327, jacques Fournier
est élu pape en Avignon en 1334 et prend le nom
de Benoît XII. C'est alors qu'il fait réaliser la
copie de son registre d'inquisition qui est parvenue
jusqu'à nous et qui, éditée et traduite par Jean
Duvemoy, constitue le meilleur document qui existe
sur le dernier catharisme occitan. Benoît meurt
en Avignon le 25 avril 1342.
Folquet
de Marseille: l'évêque Foulque Milicien catholique.
Foulquet de Marseille se fit moine cistercien au
Thoronet en 1195. Il est nommé évêque de Toulouse
en 1206 par Innocent III. Il s'avèrera d'emblée
l'ami et le soutien de frère Dominique, la Canso
(Chanson de la croisade albigeoise) montre en lui
le dévoué collaborateur de Simon de Monfort. Aussi
bien passa-t-il au moins quinze années de son épiscopat
en éxil: hostil aux comtes, il ne peut séjourner
à Toulouse que sous la protection de l'armée croisée.
Il y créa une milice urbaine catholique, la confrérie
blanche, qui fit régner la terreur parmi les partisans
du comte et contribua entre autre à la prise et
aux massacres de Lavaur en mai 1211. Il revint à
Toulouse en 1229, après la capitulation de Raimon
VII, pour recevoir du légat la charge de l'Inquisition
épiscopale rénovée, premier pas vers l'Inquisition
proprement dite. Le viel évêque y passa ses dernières
années sous la protection permanante d'une escorte
armée, tant il craignait pour sa vie.
Bernard Gui Procureur
implacable.
Médiocre théologien, diplomate sans succès pour
le compte du Saint-Siège, ce dominicain limousin
s'accomplit indéniablement dans la fonction d'inquisiteur
qu'il remplit avec zèle et méthode à Toulouse de
1307 à 1323.
Avec Geoffroy d'Ablis, inquisiteur de Carcassonne
de 1303 à 1316, puis Jacques Fournier à Pamiers,
il appartient en effet à la seconde génération des
juges religieux qui devaient rendre à l'institution
inquistoriale son crédit et son efficacité jasqu'à
aboutir à la quasi-éradication du catharisme d'Occitanie.
Auteur de la Pratica Inquisitionis, manuel de l'inquisiteur
rédigé entre 1319 et 1323, Bernard Gui se signala
particulièrement pour la rigueur de ses enquètes
et la sévérité de ses sentences dont on a gardé
le registre. En avril 1310, il pronoça lui-même
la sentence de Pierre Authié, le dernier grand prédicateur
cathare, qui fut aussitôt brûlé devant la cathédrale
de Toulouse. Consacré, Bernard Gui fut nommé en
1324 au siège de Lodève où il acheva paisiblement
ses jours.en 1331.
Lire aussi:
- Saint Dominique face aux cathares, par Philippe
Tourault, Editions Perrin 1999
- Le Registre d'Inquisition de Jacques Fournier
(Evêque de Pamiers ), 1318-1325. de Jean Duvernoy
trois tomes Mouton Editeur Paris- La Haye
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